OSNI – Objet sportif non-identifié

Billet d’humeur du 3 mars 2019 sur Judaïques FM 94.8

Ce qui n’est pas interdit est-il autorisé ? C’est la question que nous pouvons nous poser après ce qu’il est convenu d’appeler « le hijab de Décathlon ». Cette enseigne sportive a donc proposé à la vente un hijab de sport afin de permettre aux femmes musulmanes qui ont l’habitude de revêtir ce vêtement de pratiquer un sport. Rien d’illégal tant que cela se passe dans l’espace public. Pourquoi donc s’émouvoir de cette commercialisation ? Pour plusieurs raisons. La première, dans l’urgence de l’actualité, sont ces femmes qui dans des pays musulmans, l’Iran par exemple, défient le pouvoir en s’affichant tête nue, revendiquant leur droit de ne pas être soumises à un diktat religieux qui nient leur condition de femme. Certaines sont mortes pour défendre ce droit, d’autres sont au mieux emprisonnées. Une société démocratique et progressiste comme la notre ne peut être aveugle face à ce combat. Une autre raison est la nature même du hijab qui n’est en aucun cas un objet religieux imposé par l’Islam. J’entends parler de « femmes pieuses ». Ce n’est pas une question de piété mais de revendication communautariste. Qui impose le port du hijab ? Les hommes. Oui les hommes pour se protéger de leurs pulsions sexuelles et l’attirance que peut représenter une femme tête découverte. Soyons honnêtes cette question se pose dans le judaïsme même si les cheveux sont dissimulés avec plus, disons…d’élégance. Le hijab est un objet de séparation, de mise à l’écart.

Décathlon, qui est un commerçant avant tout, ne peut être tenu responsable de vouloir augmenter son chiffre d’affaire et de fidéliser une clientèle qui lui échappait jusque-là. Sauf que Décathlon se fait le chantre des valeurs sportives et précisément, le hijab est l’exact opposé de ces valeurs. A telle enseigne que l’instance suprême qu’est le comité olympique, dans son article 50, rappelle : « Aucune propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou emplacement olympique ». Ceci a été dit avec force sur un plateau télé cette semaine par la courageuse Zineb El Rhazoui.

Oui le port du hijab est autorisé dans l’espace public cependant il foule aux pieds toutes les valeurs humanistes et de partage véhiculées par le sport. Assurément ce n’est pas un objet sportif, cela ne vise pas à améliorer des performances sportives ou faciliter une pratique sportive quelconque. Non c’est un OSNI, un objet sportif non-identifié, en tout cas pour le sport, mais clairement identifié dans une pratique religieuse et un mode d’identification communautariste. La seule solution pour Décathlon serait de créer un département « objets religieux » ce qui les mettrait en conformité avec les produits commercialisés. Ce qui fait, à mon sens, la beauté du sport c’est l’effort humain et la performance. Laissons au moins cet espace pour le rêve loin de toutes les polémiques.